Le grand Meaulnes - (avant-première)

Publié le par KNTHMH

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photo source

J'étais conviée à l'avant-première du film "Le Grand Meaulnes" qui sortira le 4 octobre 06. Comme à mon habitude, je n'avais rien lu sur le film et sa réalisation pour découvrir de mon "oeil neuf" le résultat.
J'avais vu en 1967 le film d'Albicocco, et mon coeur d'ado avait fort vibré à cette mise en scène dans la mouvance d'Hamilton, l'histoire narée alors en image était à l'exacte hauteur de mes "amours" avec Augustin, François, Frantz, Yvonne et Valentine!

Depuis, beaucoup de temps et d'évènements (tragiques) ont jalonné ma vie, et mon regard actuel sur cette oeuvre est bien différent.
Plusieurs personnes de mon propre entourage ont travaillé abondamment et particulièrement sur les écrivains de la  "génération perdue"  (Jacques Rivière, Alain Fournier, Jean De La Ville de Miremont) et c'est non sans émotion que je suis entrée dans cette nouvelle lecture-vision proposée par Jean-Daniel Verhaeghe.

Je ne dirai pour le moment que peu de choses, ce que j'en ai dit en particulier à Mme Rivière après le débat:
- la musique n'est pas une gène, bien au contraire pour suivre le drame (mention spéciale: très beau morceau de piano à deux reprises)
- la conotation historique (guerre 14-18) apporte la dimension justement "génération perdue" à cette oeuvre
- le romantisme est tout à fait présent, dans la pudeur, les échanges de regards, les touchers et frôlements de mains ou de peau, le faste irréel de la fête aux Sablonnières, et cette quête effrénée motivée par un serment juvénile

et ceci que j'ajoute après réflexion:
- Augustin m'apparait soudain comme un "passeur", il redonne la fiancée à l'ami Frantz, il fait découvrir à François la passion, il lui donne un but vital, il lui confie les générations futures, il fait passer chacun de l'adolescence à l'âge adulte, dès lors, il peut s'effacer...
- une belle réplique un peu mélancolique à mon oreille, celle que donne François à Yvonne lorsqu'elle l'interroge sur ses capacités d'instrumentiste, je vous laisse la découvrir (je savais que l'acteur, l'ex "choriste" vedette avait abandonné le chant pour la vie d'acteur...), un passage également de l'âge ado à l'âge adulte: savoir faire des choix...
On ne peut tout "garder" lorsqu'on veut approfondir une voie!

Bien entendu j'étais bouleversée à la fin de la projection, pour beaucoup de raisons personnelles, mais je n'étais pas la seule dans ce cas, la projection du film fut suivie d'un long temps de silence, telle était forte l'intensité de notre émotion, ce dont nous remercia M. Alain Rivière, très ému lui-même, en préambule du débat qui suivait.

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Le débat entre le public et les époux Rivière, héritiers d'Alain Fournier
(résumé d'après mes notes personnelles)

Question adressée à Alain Rivière:
Chacun a "son" Grand Meaulnes.
On a déjà vu le film d'Albicocco en 67, qui, lui était très descriptif,
onirique, cette version est nettement plus réaliste, et ressitue l'histoire
dans le contexte historique de l'avant-guerre 14-18.
Comment ressentez-vous la fin du film?

Réponse:
Il est très difficile d'adapter un livre à l'écran.
Audacieux de faire de Meaulnes un soldat, le livre, lui, renvoyait à
l'espérance lorsque Meaulnes s'en va avec sa petite fille, pour de nouvelles
aventures.
J'ai apprécié toutes les inventions, choix du réalisateur, il n'a pas trahi
l'histoire, ni l'esprit d'Alain Fournier, toutes ces inventions sont le choix de Verhaeghe et se justifient.
A un moment, Verhaeghe choisit de laisser de côté l'histoire pour incarner la réalité de l'auteur.
L'on a la même impression à la fin du film que lorsqu'on finit le livre.  

Remarque:
En effet la scène finale, c'est le retour du réel et elle se relie à la lecture
de l'oeuvre entière de Fournier.
Le film d'Albicocco était davantage fééerique.

Réponse de Mme Rivière:
La scène de l'aviation peut paraître surprenante, mais en fait Fournier et
Rivière étaient montés en avion, ils étaient passionnés d'aviation.
Cette scène est destinée à expliquer la disparition très longue de Meaulnes.
Voilà un exemple de choix du réalisateur pour la transcription à l'écran:
justifier certains épisodes.

Remarque:
Le traitement du temps dans le film: Verhaeghe passe du littéraire au spectacle cinématographique avec un
temps très explicatif qui réduit le mystère.

Réponse d'A. Rivière:
La version primitive que nous avait fait visionner le réalisateur était très
peu nourrie, par contre la version finale est riche en épisodes,
conversations, gestes qui élargissent la succession des évènements. L'abondance des évènements traduit la richesse profonde du livre sur laquelle on n'aura jamais fini d'épiloguer, on n'a jamais fini de découvrir.
Un écrivain anglais a intitulé un de ses livres: la fin de la jeunesse, il parlait là du Grand Meaulnes. En fait l'histoire est là, le passage de François et de Meaulnes (malgrés son orgueil) vers l'âge adulte.
Vous savez combien il est difficile de faire passer les enfants à l'âge adulte! Ils se donnent des airs de durs.

Question:
Comment sentez-vous la musique dans ce film?

Réponse D'A. Rivière:
Une musique "de façade", un accompagnement fonctionnel de ce qu'il se passe, ce n'est pas une "oeuvre d'art".

Question:
La musique de piano a un très beau chant.
La musique symphonique, avec les violons, ne risque-t-elle pas de nuire à la lecture de l'histoire?

Réponse d'A. Rivière:
Relisez le Grand Meaulnes, à chaque lecture, vous découvrirez un nouveau livre. A chaque âge de la vie, le Grand Meaulnes suscite d'autres sentiments et interprétations.

Réponse d'une spectatrice:
Le merveilleux est toujours présent dans le film, comme dans le livre. Meaulnes est l'amoureux rêvé!
Le château est celui de la Belle au Bois Dormant, cette fête, les déguisements...
Je ne suis pas déçue du tout et j'ai à nouveau envie de relire ce livre.

Réponse d'une jeune personne de la famille Rivière (Agathe):
Je suis très génée par le fait que ce ne sont pas les lieux que je connais depuis mon enfance. Je trouve que c'est trop réaliste, pas assez romantique, j'ai du mal à oublier ce que je connais.
Le recul est difficile à prendre.

Réponse d'A. Rivière:
J'ai été agréablement surprise par Clémence Poésy qui arrive à avoir une présence sensible et très forte.
Il est regrettable que la mort d'Yvonne n'ait pas été entourée de davantage d'attentions, comme c'était le cas dans la version d'Albicocco.


Trop de choses sont-elles dites et explicitées dans ce film?

Le film est centré sur la rencontre entre Meaulnes et Yvonne, Verhaeghe a composé beaucoup plus de dialogue dans le film qu'il n'y en avait dans le roman.
L'apparition des soldats est motivée par la notation de cette date: 1910.
Le père d'Yvonne devient son grand-père, étant donné le choix de Jean-Pierre Marielle pour ce rôle, mais qu'il soit son père n'aurait pas été génant.

Le château semble trop beau, et le repas dans le salon trop riche pour quelqu'un ayant eu des revers de fortune, les châteaux en Sologne sont plus sobres et la vie d'Alain Fournier était plus modeste.
Cependant il y a une unité de décor dans le film.

Les différentes adaptations:

On a reproché à Isabelle Rivière d'avoir mainte fois refusé d'adaptation du roman à l'écran, or, elle était engagée avec André Barsac depuis 1930, et ne voulait pas le trahir, cependant il n'a pas trouvé de producteur, elle a finalement compris en 58 que Barsac ne ferait jamais le film. Elle accepté la proposition de participer à la direction d'un sénario qui, grace à elle rendrait présent l'esprit d'Alain Fournier, et elle s'est décidé après avoir vu "la fille aux yeux d'or" d'Albicocco.  Pour la version Verhaeghe, des contacts avaient été pris depuis 12 ans avec la famille Rivière, démarche fort différente!

Cette nouvelle version est l'oeuvre d'un philosophe, ce qui n'était pas le cas de la réalisation d'Albicocco.

Les trois images: le livre, le film de Jean-Daniel et celui de Jean-Gabriel, sont une occasion magnifique de découvrir et comprendre cette oeuvre

Pourquoi ne pas relire chacun le livre puis écrire son propre sénario?

-

KNTHMH, le 20 septembre 06 (d'après notes personnelles prises pendant le débat)

L'intégrale des débats en 3 vidéos

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DOCUMENTS ANNEXES

Voici des compléments non personnels:

 (pour ceux qui quand même veulent en savoir plus!):

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(source photo: allocine)

le film

Le dossier pédagogique du film

les photos1

les photos 2

la bande annonce

le synopsis:

Un soir de novembre 1910, Monsieur et Madame Seurel, qui dirigent une paisible école de la campagne solognote, reçoivent un pensionnaire que sa mère accompagne, Augustin Meaulnes.
Le prestige naturel de ce grand adolescent lui vaut d'être bientôt connu de tous les élèves comme "le Grand Meaulnes". Partageant la même chambre, le nouveau venu et François Seurel, fils des directeurs, se lient d'amitié, Augustin exerçant sur le sensible François une véritable fascination.

le casting

anecdotes (de tournage)

 

A présent des citations d'articles et une synthèse d'articles, avec leurs références au sujet du précédent "Le Grand Meaulnes"  d'Albicocco en 67:

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(source photo: legrandmeaulnes.com) 

 

fiche synopsis

Une nuit, lors d'une fête étrange dans un domaine perdu des bois de Sologne, Augustin Meaulnes est ébloui par la beauté d'Yvonne de Galais dont il tombe éperdument amoureux. Celle-ci paraissant avoir disparu avec son château et ceux qui l'entouraient, il ne lui reste plus qu'un souvenir émerveillé d'un rêve fantastique...

fiche casting


Réalisateur Jean-Gabriel Albicocco

 
Acteurs
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Yvonne de Galais Brigitte Fossey
Augustin Meaulnes Jean Blaise
François Seurel Alain Libolt
Frantz de Galais Alain Noury
Valentine Blondeau Juliette Villard
Ganache Christian de Tillière
Monsieur Seurel Marcel Cuvelier
Madame Seurel Thérèse Quentin
Mouche Boeuf Serge Spira
Delouche Bruno Castan

 
Production
-------------------------------------------------------------------------
 
 
Producteur Gilbert De Goldschmidt

 
Activités sociétés
-------------------------------------------------------------------------
 
Production Madeleine films, France
 Pathé Consortium Cinéma, France
 UGC Images, France

 
Scénario
-------------------------------------------------------------------------
 
Scénariste Jean-Gabriel Albicocco
 Isabelle Rivière
Dialoguiste Isabelle Rivière
 Jean-Gabriel Albicocco
D'après l'oeuvre de Alain-Fournier

 
Equipe technique
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Directeur de la photographie Quinto Albicocco
 
Compositeur Jean-Pierre Bourtayre
 
Monteur Georges Klotz

Distribution
-------------------------------------------------------------------------
 
Distribution CFDC, France

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(source photo)

fiche secrets de tournage

Premier rôle adulte 
Révélée par sa participation, enfant, aux Jeux interdits de René Clément, Brigitte Fossey retrouve à l'âge de 21 ans le chemin des studios dans la peau d'Yvonne de Galais, l'héroïne imaginée par Alain-Fournier. C'est aussi le point de départ d'une fructueuse carrière pour la comédienne rapidement promue jeune vedette, l'année suivante aux côtés d'Alain Delon et Charles Bronson dans Adieu l'ami, et trois ans plus tard en tête d'affiche dans Raphaël ou le débauché sous la direction de Michel Deville. 

Une adaptation "au plus près" d'un grand classique. 
Depuis la parution du roman d' Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, en 1913, de très nombreux cinéastes avaient souhaité porter ce livre à l'écran. Ils s'étaient cependant toujours heurtés à l'opposition de la soeur d'Alain-Fournier, Isabelle Rivière. Il fallut ainsi attendre plus de cinquante ans pour voir ce classique de la littérature porté à l'écran. Pour assurer la fidélité "au plus près" du film à l'oeuvre de son frère, Isabelle Rivière tint à collaborer elle-même à l'adaptation et aux dialogues. 

Succès au diapason 
Fréquemment cité dans les dix romans majeurs du XXème siècle, aux côtés de l'Etranger d'Albert Camus ou du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, Le Grand Meaulnes d' Alain-Fournier est aussi l'une des meilleures ventes de livre en format poche, dopées par son unique adaptation cinématographique, elle aussi plébiscitée par plus de 2, 5 millions de spectateurs au moment de sa sortie en salles.

grand_meaulnes_1  
 

extrait de film sur ce tournage

Voici d'importantes informations complémentaires (non reproduites ici, allez les consulter sur leur site originel )

°°°000°°°
Synthèse d'articles divers:


Qui était vraiment Jean-Gabriel Albicocco ?

Il est né le 15 février 1936 à Cannes (ce n'est sûrement pas un hasard) d'un père évoluant dans le milieu du cinéma (Quinto Albicocco fut chef opérateur et exerça dans la péninsule). Jean-Gabriel reçut sa première caméra à dix ans et devint rapidement l'assistant de Jules Dassin sur le film Celui qui doit mourrir (1956). Puis il débuta en tant que réalisateur au tournant des années 60 en suivant la nouvelle vague. Son goût le porte vers les adaptations littéraires raffinées dès son premier long métrage, la Fille aux yeux d’or, d’après Balzac, où joue Marie Laforêt, qu’il épouse en cette même année 1960. En 1962, le Rat d’Amérique, d’après Jacques Lanzmann, passe quelque peu inaperçu, mais le public revient en 1966 pour le Grand Meaulnes, accordant au film - et à la comédienne Brigitte Fossey, qui trouve dans le personnage d’Yvone de Galais son premier grand rôle de jeune adulte - le succès qu’il avait pu porter en son temps au livre d’Alain-Fournier. Le soin accordé à l’image, qui deviendra pour les détracteurs une préciosité confinant au maniérisme à la David Hamilton, enchante les uns, repousse les autres. Suivront le Cour fou, avec Michel Auclair en 1969, et le Petit Matin, avec Matthieu Carrière et Jean Vilar, d’après le roman de Christine de Rivoyre sur l’occupation allemande, en 1970.

Parallèlement, Jean-Gabriel Albicocco, auquel on ne connaissait que des amis, est un militant très actif de la culture. Fondateur de la Société des réalisateurs de films (SRF) et de la Quinzaine des réalisateurs, une des sélections parallèles du Festival de Cannes, il a vécu les dernières de sa vie au Brésil, où il était devenu le contact indispensable pour tout cinéaste français passant montrer ses films au Brésil ou souhaitant y tourner. Il y était salué par ses pairs comme "le promoteur de la cinématographie française au Brésil, opérateur actif et infatigable des liens entre les cinémas français et brésilien". Récemment, il était hospitalisé près de Rio, sans ressources et dans un état très grave. Des personnalités du cinéma venaient de lancer un appel à l’aide pour l’aider à financer ses soins. Ce sont elles qui ont annoncé la mort de leur ami et confrère, dans la nuit , le 10 avril 2001, à l’âge de soixante-cinq ans.

sources diverses de cette synthèse:

source 1

source 2

source 3


Consultez une critique d'over-blogueur et tous ses commentaires

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K
Merci pour ce magnifique texte de la tablette du juste de Baha'u'llah à quoi je répondrai: "La Terre n'est qu'un seul pays et tous les hommes <br /> en sont les citoyens"KNTHMH
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G
Sois généreux dans la prospérité, et dans l'adversité ne cesse de rendre grâces. Mérite la confiance de ton prochain, et ne lui montre jamais qu'un visage amical et souriant. Sois le trésor du pauvre, admoneste le riche, réponds à la plainte du nécessiteux et garde la sainteté de tes promesses. Sois équitable en ton jugement et réservé dans tes paroles. Ne sois injuste envers personne, et montre à tous une douceur parfaite. Sois une lampe pour ceux qui marchent dans les ténèbres, une consolation pour les affligés, une mer pour ceux qui ont soif, un refuge pour ceux qui sont dans la détresse, un soutien et un défenseur des victimes de l'oppression. Que la droiture et l'intégrité marquent tous tes actes. Sois un foyer pour l'étranger, un baume pour ceux qui souffrent, une forteresse pour les fugitifs, des yeux pour les aveugles, un phare pour les égarés. Sois une parure pour le visage de la vérité, une couronne sur le front de la fidélité, un pilier du temple de la rectitude, un souffle de vie pour le corps de l'humanité, un drapeau des armées de la justice, un flambeau qui brille à l'horizon de la vertu, une rosée pour le sol desséché du coeur humain, une arche sur l'océan de la connaissance, un soleil dans le ciel de la bonté, une gemme au diadème de la sagesse, une lumière qui brille au firmament de ta génération, un fruit de l'arbre d'humilité."
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L
Merci pour ce magnifique article <br /> peu de chose à y ajouter, pour quelqu'un qui a été profondément déçu par cette chute du rève dans le réel.<br /> Juste peut-être la disparition totale des références à Rimbaud et notamment à se bohème et ses bohémiens.<br /> Frantz n'est pas ce jeune homme épris de technologie qui est substitué dans cette version au compagnon des bohémiens.Le merveilleux personnage, à l'ambiguité certe peu compatible avec ce siècle de modernité et de science, de Ganache, ce Pierrot traversé de bonté et de malice, manque cruellement dans ce film.<br /> Beaudelaire avait écrit "La soupe et les nuages"assurément nous ne sommes pas du côté du rève dans ce film où même les aristocrates (leurs meubles et leurs chateaux) sont des bourgeois.<br /> Luc Comeau-Montasse<br /> du fagot des Nombreux
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K
Bonjour, bateleur (j'ai toujours pensé qu'il y avait un bateleur à mes côtés, ravie de vous apercevoir!)<br /> merci pour votre com chez moi et merci de votre article qui complète bien le mien, ainsi que ces commentaires<br /> Pour moi, appellée à visionner en avant-première, munie de mes yeux totalement neufs, puisque je suis une personne qui recouvre la mémoire après des années de maladie, c'est d'ailleurs le pourquoi principale de ma présence sur le net par différents blogs, reconquerir l'expression écrite, l'expression de communication, et bien d'autres modes d'expresssions. <br /> Je suis allée voir ce film avec des yeux d'autant plus neufs que c'est dans le contexte que je rappelle ici. La seule chose qui me restait vraiment autour du roman lu lorsque j'avais 11 ans, c'était , c'est très personnel, je me doute: le romantisme, la quête éperdue d'amours impossibles, la féérie, les études réalisées sur la génération perdue par certains membres de mon entourage.<br /> La trame et les détails de l'histoire m'étaient disparus, en raison de ma maladie même et j'ai abordé ce film comme une entité en soi, une oeuvre d'un réalisateur inspirée par un roman.<br /> Et l'émotion que j'ai ressentie n'a certainement rien à voir avec celle que j'avais ressentie à la sortie et à la vision du film d'Albicoco!<br /> Parce qu'elle s'appuie sur d'autres sentiments et d'autres critères.<br /> Je crois que ce film est une autre oeuvre  sur le thème du Grand Maulnes, autour du Grand Meaulnes et de la génération perdue<br /> mais qu'il ne faut pas y chercher ce qu'il y a  littéralement et littérairement dans le roman de Fournier<br /> il ne s'agissait pas, je crois pour Verhaeghe de mettre en image le roman, ni de refaire ce que deux réalisateurs précédents avaient magnifiquement réussi. Se démarquer et relire philosophiquement, historiquement et actuellement, faire un création, un recréation, comporte toujours un risque! Et la "relecture" très personnelle et évolutive (car la gestation a duré 12 années années pour ce nouveau film ) de la part de Verhaeghe, philosophe, présente ce risque. <br /> Personne n'impose rien à personne en matière de création, et l'oeuvre de chaque créateur lui échappe dès lors qu'elle est livrée aux yeux d'un potentiel public!<br />  Le débat en direct avec les époux Rivière dont je me fais l'écho dans mon article était aussi intéressant, formateur pour nous que le visionnage du film<br /> Rivière se montre dans ses réponses très humble, et très pédagogue, ce débat était le premier de la série avec les époux Rivière, émouvant pour moi de reccueillir une expression spontannée en réponse à des questions parfois drôlement formulées, Que Rivière a voulu faire préciser, et auxquelles il a pris du temps pour répondre.<br /> (Pour l'anecdote: au sortir de cette présentation-débat, l'une des personne qui en étaient instigatrices a dit à Rivière cordialement -je cite de mémoire l'esprit de la recommandation faite-: "Il faudra (davantage) vous préparer aux questions et aux réponses pour les prochains débats!" et je me suis félicitée d'être venue au premier des débats de la série, recueillir l'expression naturelle et parfois surprise ou perplexe, mais toujours réfléchie et librement circonstanciée de la famille Rivière! OUI!!!)<br />  Je pense personnellement et actuellement que ce film peut être une merveilleuse invite à tout prof de lettre  pour relancer sans difficulté l'étude approfondie de ce très beau et grand roman de Fournier au sein de sa classe de français.<br /> Aller au-delà du divertissement et des visions persos de tel ou tel<br /> et aux profs en communications et médias une merveilleuse invite à revoir, revisionner et décortiquer avec leurs élèves les différentes versions, les contenus et les procédés filmographiques<br />  <br /> En prime: je connais bien le contexte de l'enseignement rural et en particulier en classe unique, et je peux confirmer que les élèves n'ont jamais été des "images" -sourires-<br /> Etant adepte de la pédagogie Freinet, dans la forme où elle fut conçue par son auteur (cf: http://freinet.org/)<br /> je ne peux que me réjouir que des personnes de talent se frottent à la création autour et au sujet d'un monument  littéraire comme le Grand Meaulnes, je pense que Célestin Freinet, n'eut pas désavoué la démarche de Verhaeghe<br /> je vais mettre votre article et ses coms en lien avec le mien<br /> amicalement<br /> bien à vous KNTHMH